Réforme de la voie professionnelle et risques psycho-sociaux: le ministère déconnecté du terrain

Le 5 septembre dernier, le CHSCT Ministériel reconnaissait les risques psycho-sociaux engendrés par la réforme Blanquer de la voie professionnelle et en demandait l’abandon.

Dans sa réponse envoyée avec 2 mois de retard, la DGRH balaie l’avis d’un revers de main: le comité de suivi et les séminaires prévus dans le schéma directeur de la formation suffiraient, selon le ministère, à limiter les risques psycho-sociaux engendrés par la réforme. Or à ce stade, le Comité de suivi n’a formulé aucune préconisation ou recommandation concrète et sérieuse, malgré les nombreuses alertes lancées par les SNUEP-FSU lors des réunions. Les synthèses des débats se contentent d’évoquer une “poursuite de la communication sur le sens global de la réforme pour en faciliter l’appropriation”ou encore la “promotion du travail en équipe dans les établissements à travers le conseil pédagogique”…

Le communiqué complet ici.

Datée du 7 janvier, la lettre du Ministre au Comité de suivi ignore les difficultés réelles rencontrées par les enseignant·es, dont la réforme et ses dispositifs sont la cause. Au lieu de revoir sa copie, le Ministre bascule dans l’injonction aux «bonnes pratiques» et renvoie aux seules heures de consolidation le soin de suppléer aux faiblesses des élèves en français et en mathématiques. Est-il nécessaire de rappeler que sa réforme diminue justement le nombre d’heures de cours dans ces disciplines?

La formation, quant à elle, et en particulier si elle devient obligatoire hors temps de travail, ne permet pas un allègement de la charge de travail inhérente à la mise en place de cette réforme et ne réduit pas les conséquences des conditions de travail des personnels sur leur vie quotidienne.

Pour le SNUEP-FSU, cette réponse tardive d’un service du ministère à une question éminemment politique et la lettre du Ministre au Comité de suivi ne sont ni sérieuses sur le fond, ni proportionnées aux difficultés des élèves et des professeur·es de lycée professionnel.Au contraire, elles témoignent, une fois encore, du mépris du ministre pour la profession,ce qui n’augure rien de bon à l’orée des “négociations” censées s’ouvrir sur les évolutions du métier d’enseignant.

Le SNUEP-FSU dénonce toujours la réforme Blanquer de la voie professionnelle qui pénalise les élèves et enseignant·es. C’est cette position qu’il défend en portant la parole des enseignant·es dans un Comité de suivi, qui ne serait guère, sinon, qu’une simple chambre d’autosatisfecit.